En regardant les bulletins télévisés ou en lisant votre journal ce matin, vous avez pu constater que Sr Marie-Paul Ross n’a pas apprécié l’article du Pastorale-Québec (novembre 2011) intitulé « Le récent livre de Sœur Marie-Paul Ross, une médiatisation controversée » .
Ce reportage vidéo de TVA donne une bonne idée du déroulement de la conférence de presse sur le sujet.
Vous verrez que j’y avais été invité. Je me devais donc de partager le fait qu’en produisant cet article, nous désirions simplement donner la chance à d’autres voix de s’exprimer sur plusieurs des affirmations partagées lors de la médiatisation du livre « Je voudrais vous parler d’amour… et de sexe » à l’automne dernier. Nous avions eu tant d’échos de prêtres, religieux, religieuses et personnes de vie consacrée qui ne se reconnaissaient tout simplement pas dans plusieurs parties des chapitres touchant l’Église catholique.
Je vous invite à lire l’article original, la réponse de Sr Ross et le commentaire du journaliste (le rédacteur en chef de la revue, l’abbé René Tessier). Ils se retrouvent tous sur le site Web du magazine diocésain.
Qu’en pensez-vous?

Pourquoi Marie-Paul Ross a tort.
Il y a de ces livres dont nous faisons une lecture transversale et rapide afin de nous donner une idée de leur contenu et, ainsi, savoir s’ils nous plaisent ou non. C’est ce que j’ai fait avec le dernier livre de soeur Marie-Paul Ross, je voudrais vous parler d’amour…et de sexe. Après avoir parcouru le livre pendant cinq à dix minutes, non seulement j’ai su qu’il ne me plaisait pas, mais surtout parce que les idées qui y sont avancées sont fausses. La polémique qu’a déclenchée cet essai me semble fort à propos; il aurait été absurde qu’aucun catholique fidèle à l’enseignement du magistère de l’Église ne se révolte de ces opinions trompeuses, fausses et sensationnalistes. Or, les réfutations qu’on apportées nombre de mes frères et soeurs en Église me semblent certes pertinentes, mais, selon mon humble avis, ne s’attaquent qu’en surface au propos de soeur Ross.
Je salue en passant l’Abbée Martin Laflamme qui, dans la réponse de la revue Pastorale à soeur Ross, a soulevé l’ignorance de cette dernière quant à la théologie du corps du bienheureux Jean-Paul II; bon, admettons que ce n’est pas une faute de ne pas connaître avec exhaustivité le travail monumental de ce grand pape sur les relations homme-femme, sur l’amour et la sexualité lorsque l’on est religieuse et sexologue. Or, ce qui en est une selon moi, c’est d’utiliser à faux le nom, la notoriété de Karol Woztyla pour donner crédibilité à sa pensée: Marie-Paul affirme avoir reçu l’Imprimatur de ce feu pape pour son travail de sexologue en Église, alors qu’une engeance de cardinaux rétrogrades se serait moquée d’elle. En lisant brièvement quelques chapitres plus loin, on s’aperçoit que soeur Ross légitimise notamment la masturbation, la contraception, l’avortement – pour n’avoir lu que ceux-là – alors que ces actes ont été formellement condamnés par l’Église catholique, et a fortiori par Jean-Paul II dans sa théologie du corps, comme étant immoraux et contraire à la véritable sexualité humaine. Il en ressort que c’est un sophisme odieux que d’avoir utilisé la notoriété de l’Église pour la retourner contre elle en appelant à une révolution de la morale sexuelle au sein de celle-ci. Qu’en est-il de la foi de madame Ross ? Si l’Église catholique est la véritable Église du Christ, fondée, maintenue et entretenue par lui afin d’apporter la lumière de la vérité au monde et, de surcroît, que le magistère du Saint-Père est infaillible, comment l’Église peut-elle se tromper sur ces questions de morale ?
Voyons maintenant la logique de soeur Ross:
« Si 80% des religieux et religieuses ne sont pas fidèles à leurs voeux de chasteté ou, du moins, ont de la difficulté à le respecter, il s’en suit que la morale sexuelle de l’Église ne fonctionne pas. »
Si je reprends son raisonnement dans un autre contexte:
« Si 80% des Hommes sur la terre commettent le meurtre, il s’en suit que la loi morale selon laquelle le meurtre est un mal est fausse, et donc que l’on devrait permettre le meurtre. »
Ai-je besoin d’expliciter davantage la fausseté du raisonnement ? Marie-Paul doute de la véracité de la morale sexuelle de l’Église parce que celle-ci est difficilement atteignable. Elle est même allée jusqu’à dénoncer le discours ecclésiastique dominant qui rappelle que nous sommes tous des pauvres pécheurs. L’Église ne se limite pas aux actes des hommes et des femmes qui la composent; elle est avant tout le corps mystique du Christ qui révèle et garde le dépot de la foi, foi qui exige que l’Homme cherche de tout son coeur, de toute son âme et de toute sa force à se conformer à la volonté de Dieu, d’une part atteignable par la raison humaine, mais surtout révélée par le Christ Jésus. Elle ridiculise aussi le discours selon lequel la solution à ces maux sexuels serait la prière, la messe et l’eau bénite. Or, qu’est-ce que l’exemple et l’héritage spirituel de tous les grands saints qui, dans une communion mystique avec Dieu à travers les sacrements et la vie de prière, ont vécu une parfaite pureté du corps et de l’esprit ? Si les religieux ont de la difficulté aujourd’hui à vivre leur chasteté, c’est sans l’ombre d’un doute parce qu’ils font partie de ceux et celles qui ont été forcés par le contexte social de l’époque d’entrer en communauté religieuse, parce que beaucoup de religieux ne vivent pas en conformité avec les conseils évangéliques, parce que les communautés sont dissoutes et ne permettent pas une amitié forte et solidaire qui permet à chacun de se soutenir dans les tentations, mais surtout pas parce que la morale de l’Église est fausse.
Finalement, j’aimerais rappeler que les différents domaines de connaissances, tous dépendants les uns aux autres dans une hiérarchie conforme à l’intelligence humaine, exigent que telle spécialiste en tel domaine soit formé à même les domaines de connaissances plus élevés: la mathématique explique la musique, mais la musique n’explique pas la mathématique; la chimie explique la biologie, mais la biologie n’explique pas la chimie. La théologie a autorité sur la philosophie, mais la raison humaine n’a pas raison de la parole de Dieu. Ainsi, en tant que sexologue, Marie-Paul Ross prétendrait répondre à des questions morales aussi importantes que la contraception et l’avortement. La sexologie, étant une discipline contingente dans l’ordre des sciences, ne peut penser avoir la réponse à des questions qui relèvent de plus hautes sciences, soit la morale, la philosophie, la théologie. Il aurait été d’autant plus profitable qu’elle ait fait quelques cours de logique.
Ses intentions sont sans doute nobles, mais je crois fermement qu’elle entache plus l’Église qu’elle ne l’aide vraiment en suscitant une polémique médiatique aussi importante autour de tels sujets. Ce genre de tollé ne participe en rien à ce que la société moderne entre en dialogue avec le catholicisme et tente de comprendre les fondements mêmes de sa conception de l’Homme, de sa vie de son bonheur. Je voudrais rappeler en terminant que, malgré la hargne que l’on pourrait ressentir dans mon propos, je m’attaque aux idées et non à l’individu même.
Je comprends mal autant d’agressivité de la part d’une religieuse envers sa propre famille. En lisant son livre, je n’ai pas compris la source de sa vocation.Étant témoin de tant d’incohérence depuis son enfance, comment a-t-elle pu sentir l’appel ?De plus, ayant une expérience un peu similaire, je comprends mal tout ce qu’elle affirme avoir vu de ses yeux. Chose certaine, connaissant Jean-Paul II , il la réinviterait de nouveau pour lui demander, est-ce nécessaire de persécuter l’Église? Dernière question, pourquoi avoir choisi la voix dure de la dénonciation plutôt que de proposer un outil de formation et de prévention qui aiderait les personnes consacrées?
Merci de votre commentaire. Un simple note pour vous dire que Sr Ross et son Institut de développement intégral offre des outils de formation et de prévention pour aider les personnes consacrées avec son Modèle d’Intervention Globale en Sexologie (MIGS). Elle espère, dans sa démarche, que plus de personnes consacrées puissent y avoir accès. Notons qu’elle n’est pas la seule à offrir de telles formations. Chacune de ces formations poursuivent le même objectif, mais avec des approches différentes.
Bonjour,
C’est en vivant dans sa communauté que Marie-Paul Ross a constaté la souffrance des siens et essaie de les aider. Bien hypocrite celui qui prétend ne rien savoir des déviances de certains membres de l’église ou laics. Son but n’est pas de faire sensation mais d’aider ceux qui souffrent et ont besoin d’aide. Pourquoi tirer si violemment sur quelqu’un qui cherche à aider et y parvient! La vérité est-elle si difficile à entendre? Si chacun pouvait prononcer ses vœux en ayant été préparé intellectuellement et émotionnellement, il y aurait surement moins d’écarts.
Je ne jette pas la pierre à quelqu’un qui s’engage de manière humaine et pour une bonne cause.
Merci de votre commentaire. Soyez toutefois assurée qu’aucun intervenant sollicité par Pastorale-Québec « n’a tiré violemment » sur quiconque. C’est une question délicate qui méritait simplement l’apport d’autres voix.
Madame Ross, j’aurais aimé qu’au lieu de claironner à plusieurs reprises votre titre universitaire, vous vous positionniez, non comme une victime d’une machination médiatique et éclésiale, mais bien plutôt comme une spécialiste. Une scientifique qui peut prouver ses dires, siter ses sources et écrire une argumentation convinquante. Au lieu de ça, nous trouvons un article peu convainquant flou, avec un manque de rigeur évident. Décevant…
À propos du commentaire de « Anonyme » ci-haut (celui qui commence
avec « Pourquoi Marie-Paul Ross a tort »).
On m’a accusé d’être l’auteur de ce commentaire! Sauf que je déteste
l’anonymat. Par contre, ce monsieur « Anonyme » dit plusieurs choses
avec lesquelles je suis bien d’accord. Dommage qu’il attaque l’Église
par son manque de courage à révéler son identité!
Voir à ce sujet:
Si vous ne vivez pas comme vous pensez,
vous finirez par penser comme vous vivez
http://www.inquisition.ca/fr/serm/vivez_pensez.htm
Bien à vous dans le Christ,
Stefan Jetchick
Bonjour M. Jetchick,
Ce n’est pas que j’assume pas ce que je dis, mais ma position actuelle ne me permet pas de me dévoiler; je compromettrais peut-être ma vocation. Par ailleurs, je n’ai jamais attaqué l’Église; peut-être avez-vous mal compris mon propos ?
Je ne me présenterai pas comme un spécialiste en questions relatives au comportement sexuel des personnes consacrées. Je suis cependant docteur en théologie et, par là, sensible à la rigueur requise quand on se présente comme scientifique.
Ayant moi-même publié récemment une version populaire de ma thèse de doctorat, j’ai dû apprendre une chose: il y a une différence (une TRÈS GRANDE différence) entre porter un jugement critique sur un écrit et attaquer une personne. À partir du moment où l’on publie, il nous faut accepter la portée publique de l’acte qu’on pose par là, et assumer le fait que des commentaires de toute sorte puissent être faits sur cet écrit devenu « le bien de l’humanité » par sa parution.
Quand je lis l’article de Pastorale-Québec, j’y vois certes une critique – mais une critique que je juge tout de même assez nuancée – de l’ouvrage de S. Ross. À cela, rien de plus normal. L’auteure ne pouvait pas s’attendre, en publiant quelque chose sur un tel thème, dans la situation actuelle de l’Église, à ce que personne ne réagisse ou à ce que tout le monde n’y voit qu’une source de réjouissances. Et je note aussi que, à côté des critiques sur un chapitre mal reçu, il y a dans cet article des commentaires favorables à l’oeuvre en général.
Il est dommage que l’auteure perçoive dans ces critiques de son texte une attaque personnelle. Cela fait partie de la morale catholique de très longue tradition que de distinguer les personnes et les actes. Une personne ne se définit pas à ce point par ses actes que de critiquer l’un d’entre eux, comme par ici le fait de publier des propos, constitue une condamnation de la personne elle-même. Que S. Ross ait dit telle ou telle chose peut être critiqué sans que cela constitue une attaque contre sa personne!
Je termine par un commentaire sur sa réponse à l’article (tout en sachant que, cette fois, cela aura l’air d’une visée plus personnelle): je trouve juste dommage que ce texte soit à ce point bourré de fautes d’orthographe… Cela entache un peu non pas la compétence (que je ne suis pas placé pour juger) mais la rigueur intellectuelle en cause dans tout ce débat. « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément » disait Boileau. Il ne s’agit pas juste d’avoir les mots pour le dire, mais aussi la rigueur de l’écrire correctement. Dommage…
Daniel Laliberté, Ph.D.
Docteur en théologie
Bravo au directeur de la revue pour votre intervention télé cohérente et pleine de coeur.
À vous, auteurs d’une médiatisation controversée
M. René Tessier, prêtre et rédacteur en chef
L‘abbé Martin Laflamme,
L’abbé Mario Côté,
Sœur Anne-Marie Richard,
Sœur Céline Lamonde,
Mgr Hermann Giguère,
Mgr Pierre Gaudette
Après avoir lu le livre de Soeur Marie-Paul Ross, votre critique assassine et la réponse de Mme Ross ; je vous offre les réflexions d’un chrétien déçu de vous.
M. Tessier, la déclaration de Mme Marie-Paul Ross sur le 80 % des religieux ou religieuses ayant connu un écart me paraît nettement plus nuancée que ce que vous en faites. Vous répétez exactement hors contexte les propos des médias que vous leur reprochez… Peut-être M. Tessier serviriez-vous mieux la revue Pastorale Québec en vous mettant au service du Journal de Québec ou de Montréal?
Heureusement que vous nous apportez les jugements de personnes ayant une « solide » expertise… Votre choix d’inviter ces personnes à discuter du livre de Mme Ross en ne lui permettant pas de défendre son travail offre des résultats dignes des feuilles de choux les plus jaunes ou de certains tabloïds britanniques.
À M. Martin Laflamme, psychologue : il est exact de préciser que Mme Ross considère que dans une situation particulière plusieurs confesseurs peuvent devenir des voyeurs, elle n’attribue pas pourtant ce qualificatif à l’ensemble des confesseurs dans l’ensemble de leurs écoutes, ce que votre texte semble laisser entendre. Et où généralise t’elle l’affirmation que vous lui prêtez sur les prêtres accompagnateurs spirituels, « abuseurs » de leurs ouailles ? Présenter des cas n’est pas généraliser : toute personne ayant acquis une formation scientifique y va avec prudence dans ce genre de jugement. Où est votre esprit d’analyse ? Mme Ross n’a pas la prétention que tout serait réglé par ses sessions ou son enseignement, ni autrement. Elle croit beaucoup en ses approches, ce qui est très bien.
À l’abbé Mario Côté, je vous rappelle que, dans vos déclarations, vous tombez vous-mêmes dans les raccourcis, les affirmations au fondement douteux, les simplifications outrancières et les généralisations abusives et ce simplement en décriant le 80 % sans prendre connaissance des nuances apportées et de la méthodologie de Mme. Ross. Je vous vois cependant sincère, mais très peu nuancé dans l’ensemble de vos propos.
À Sœur Anne-Marie Richard, je vous dis qu’en n’ayant pas lu le livre vous aviez le devoir de ne pas en faire la critique. En écrivant que Sœur Marie-Paule semble malheureusement avoir insinué trop de choses qui sont mal fondées ou ne devraient pas être publiées dans un livre : vous n’êtes pas allée aux sources. Vous n’êtes donc pas crédible sur ces points. Ce qu’a écrit Sœur Ross tient beaucoup plus du témoignage et de l’expérience que de l’insinuation : Mme Ross est claire. Les manques qu’elle décrit sont connus pour la plupart depuis longtemps du public et n’échappent pas au regard des croyants.
À Sœur Céline Lamonde : vous m’apparaissez sérieuse et responsable. Sœur Marie-Paul Ross ne s’amuse pas cependant à dénoncer des cas d’espèces, des incidents marginaux ou des situations extrêmes : « elle a mal à son Église » comme bien d’autres personnes dont les Saints… Et pour guérir : elle nous invite à prendre le chemin de la Vérité. Poursuivez votre dialogue…
À Mgr Hermann Giguère, vos propos notent l’aisance de Mme. Ross devant les médias. Quand nous voyons l’attitude d’une partie du clergé ou de biens pensants de cette « église », nous pouvons facilement comprendre que pour Mme Marie-Paul Ross, les médias habituellement hostiles à l’Église ne sont pour elles qu’au pire, des loups facilement apprivoisables et dont la férocité ne s’alimente pas dans la peur. Votre question sur la « pensée magique » de Mme Ross n’est pas digne de mention et encore moins de votre titre.
À Mgr Pierre Gaudette, vous avez le mérite de préciser la question des écarts sexuels. Tant qu’au conseil de Sœur Anne-Marie Richard sur la prudence à présenter dans les médias, des impressions ou des opinions en se demandant si c’est le meilleur moyen de faire progresser les idées, je le retourne aux auteurs de ce texte truffé d’assertions mal fondées.
Bien à vous.
Claude Bouchard
Chrétien, Époux, Père de famille et Catéchète
La vérité vous rendra libre… J.C.
Monsieur Bouchard,
Nous ne répondrons pas point par point aux critiques sévères que vous portez sur le travail des artisans de Pastorale-Québec. Le commentaire de notre journaliste y répond en partie (page 5). Les personnes-ressources interviewées pour cet article nous ont partagé des points de vue très pertinents sur la question. Ils méritent notre attention et nous les avons partagé de façon respectueuse.
Ce que j’ai de la difficulté à comprendre, dans toute cette histoire, c’est la hargne de S. Ross et de ceux qui prennent parti pour elle. Comme je n’ai pas lu son livre, je ne me hasarderai évidemment pas de ce côté. J’ai lu l’article de Pastorale-Québec, comme bien d’autres, et j’avoue que j’ai beaucoup de difficulté à y voir une « critique assassine ». Je trouve au contraire le ton nuancé tout en étant critique. Mais, au risque de me répéter, quel auteur peut se prétendre scientifique s’il n’accepte pas que l’on critique le contenu de ce qu’il a « commis publiquement »? La démarche scientifique inclut la confrontation avec la critique. C’est normal et sain pour l’avancement de la science, tant que cela s’en tient à critiquer les propos et, notamment, à souhaiter plus de solidité dans les arguments avancés. Cela n’a alors rien d’une attaque personnelle, et c’est exactement le ton que je perçois dans l’article en cause. Personnellement, quand je lis de la part de M. Laflamme: « C’est dommage parce que si les gens ne retiennent que cela, ils perdent l’essentiel de son livre », je ne vois là rien d’ « assassin », mais au contraire une critique globalement positive du livre. D’ailleurs, là où l’on parle de S. Marie-Paul comme personne, c’est plutôt positif: « elle veut faire oeuvre d’éducation en éveillant les consciences (…) pour tout cela, bravo! », dira M. Côté. Certes, cela est suivi d’un « d’autre part », mais alors on ne parle plus des motivations personnelles de l’auteure, ce qui serait une attaque à la personne, mais du contenu du dernier chapitre. Bref, dans l’ensemble de l’article, je perçois un regard positif sur la personne et un regard plus critique sur le contenu du livre. N’y a-t-il pas là tout ce qu’il faut pour un sain dialogue, à savoir une capacité de se considérer positivement les uns les autres comme personnes, tout en étant capables de discuter de contenu, d’idées, de façon critique mais sereine? Moi, en tout cas, c’est comme cela que je lis – et relis – l’article.
En parlant de « se considérer les uns les autres », j’en profite pour conclure que, par-delà ce débat sur le livre de S. Ross, ce numéro de novembre 2011 de Pastorale-Québec porte des articles nettment plus importants en regard des enjeux actuels de la vie de l’Église: un qui s’intitule justement « les uns les autres » et qui, indépendamment de l’identité de son auteur, porte sur la nécessité pour nos soi-disant communautés chrétiennes de s’ouvrir à une réelle vie fraternelle qui va jusqu’à se « laver les pieds les uns aux autres », ainsi qu’une réflexion d’A. Faucher sur l’évangélisation à la manière des prophètes. Sans compter le reste…
Bref, si on arrivait à se décrisper de tous ces enjeux liés à la sexualité, si on ne paniquait pas, ni d’un côté ni de l’autre, parce que paraît un ouvrage sur ce thème, et si on relativisait cet enjeu par rapport à la mission fondamentale des disciples du Christ – s’aimer les uns les autres d’une façon qui rayonne et témoigne de l’Évangile -, chacun et chacune de nous, engagés dans l’Église au nom de notre « coeur tout brûlant », ne nous en porterions que bien mieux!
Daniel
Bonjour M. Laliberté,
Il serait bon que vous lisiez le livre de Marie-Paul Ross. Comment peut-on juger d’un livre, d’une critique à un livre ou d’une réponse à cette critique si on ne l’a pas lu ? La critique fait partie de la démarche scientifique et humaine et en ce sens elle a à rester humaine au niveau relationnel et fondée au niveau rationnel.
Il serait important que vous distinguiez la colère de la hargne. La hargne est accompagnée d’un « plaisir » à détruire un objet ou l’autre. La colère, elle, est souvent une réaction à une injustice réelle ou perçue.
Le Christ a connu quelques colères dont ont souffert les vendeurs du temple, les pharisiens et autres sépulcres blanchis.
Je ne regrette pas ce que j’ai écrit, je le referais et probablement avec la même peine vis-à-vis ceux que je vilipende.
Mon style, à dessein pamphlétaire, répondait à un traitement profondément injuste et d’une conception plus que douteuse de Mme Ross et de son œuvre.
Cela dit, vous avez raison de citer le propos positif de M.Laflamme sur le livre de Mme. Ross : « C’est dommage parce que si les gens ne retiennent que cela, ils perdent l’essentiel de son livre ».
Et en accord avec vous : il est d’autres phrases qui ont un caractère plus ouvert.
Je le confirme.
Dans votre conclusion, vous apportez des éléments positifs de la dernière Revue et votre proposition d’une décrispation des enjeux liés à la sexualité me paraît salutaire.
Elle est nécessaire à un climat serein.
Amitié dans le Seigneur, si vous ne me croyez pas hargneux…
Sinon mes prières vous accompagnent et priez pour ma conversion qui en a bien besoin.
Claude Bouchard
Hargne ou colère… peut-être le mot n’était-il pas le plus juste, il référait simplement à l’agressivité que je ressens d’un seul côté des parties au débat. « Injustice réelle ou perçue », dites-vous. Que l’injustice soit perçue, c’est évident. Mais est-elle réelle? Je le répète, quand je m’arrête tant au ton qu’au contenu de l’artic;le de P-Q, je ne vois ni agressivité dans le ton, ni attaque personnelle contre l’auteure, mais au contraire une bienveillance quant aux intentions qui l’ont guidée dans cette rédaction. Les commentaires négatifs concernent le contenu du livre. Je lirai éventuellement le livre parce que le sujet m’intéresse. Mais je ne pense pas avoir besoin de le lire pour m’intéresser au style de l’article qui le commente. Mes propres commentaires concernent toujours la distinction entre les attaques dirigées vers une personne (ce que je ne perçois nulle part dans l’article), et les critiques du contenu qui font l’objet de cet article. Je dis simplement qu’il ne faut pas prendre une critique de contenu, tout à fait légitime pour toute publication et encore plus quand il s’agit d’un ouvrage qui se présente comme scientifique, pour une attaque vers son auteure. En clair, si S. Ross ne veut pas qu’on critique le contenu de ses écrits, elle serait mieux de ne pas écrire. Et si elle veut répliquer aux critiques faites au contenu de son livre, elle a tout le loisir de le faire, en utilisant des arguments solides au plan scientifique pour réfuter les éléments qu’on a jugés négativement.
Si on s’en tient à un dialogue sur le fond des choses, avec arguments à l’appui, ce sera très sain pour faire la lumière sur une situation qui est effectivement trouble et douloureuse dans la vie de l’Église actuelle. Et je ne pense pas avoir besoin d’avoir lu le livre pour insister afin que le débat se concentre sur le contenu…
Daniel
J’ai lu livre de Sr Marie Paule Ross, et je crois que c’est important de l’avoir lu, même si cela n’empêche pas d’avoir de bonnes idées pour le débat qu’il suscite actuellement. Quelques traits du livre m’ont dérangé, mais comme ils ne concernent pas les idées, je vais les taire. Le principal défaut du livre, c’est d’avoir omis de définir clairement ce qu’elle entendait par « écart ». Au fameux pourcentage de 80 %, elle aurait dû apporter la référence explciite de sa thèse de sexologie, ou référer à des études similiaires pour que le lecteur puisse, de lui-même, procédér à des vérifications. Tout le monde s’entend là-dessus.
Mais nous devons maintenant aller plus loin et se poser la question dérangeante qu’elle nous pose: comme chrétien, chrétienne, où en suis-je avec ma sexualité? Est-ce que je me laisse évangéliser jusque dans cette partie fondamentale de mon existence? Tout son propos tient dans le manque de formation qu’elle constate dans ce domaine. Comment transmettons-nous notre sagesse et notre expérience spirituelle en ce domaine ? Qui en témoigne?
M. Alexandre Perreault.
Votre réponse est fraîche et est un Bonheur.
J’aime votre critique sur le manque d’une référence explicite dans le livre sur le fameux 80 %.
La précision sur la nature des écarts est présente mais en des points espacés, diffus.
Il eut été bon que cette question ait été posée à Mme Ross et que lui soient laissés des espaces de réponse.
L’échange aurait pu alors être fructueux, prendre la forme d’un dialogue. – C’est une leçon. -
Les écarts décrits dans le livre sont d’une grande exigence morale pour toute personne célibataire, mariée ou consacrée. Peu d’entre nous faisons partie des bienheureux 20 %… Tous cependant dans l’offrande de nos pauvretés, nous pouvons joindre les bienheureux accueillis dans l’Amour du Père.
J’aime votre questionnement sur la dimension chrétienne de la sexualité. Notre conversion est à ce prix.
Ce qui m’inquiète le plus de l’article de Pastorale-Québec, ce serait le ton acharnée et à la défensive. J’ai relu le livre de Soeur Marie-Paul Ross pour rechercher le fameux 80%. Un instant, à nuancer un peu ici ce que vous avez lu!
L’auteur a commencé à parler d’un 20% qui pouvait se dire fidèle à leurs voeux. Ensuite regardez bien la formulation de la phrase…
Si on élève le ton dans sa réaction, il faut se poser des questions sur sa propre position.
J’aime mon Église; je reconnais le Christ comme ayant fait confiance dans son pardon envers ceux qui l’ont renié ou même persécuté; par contre, j’ai de la difficulté à accepter qu’on se mette à oblitérer le mal commis. Notre église deviendra forte dans son institution et inspirera les générations à venir dans la mesure où elle peut se confesser devant Dieu et devant les êtres humains.
Personnellement, je n’ai pas vécu d,abus de membres du clergé; en fait, j’ai été extrêmement choyé. Toutefois, j’ai été témoin de beaucoup de choses plutôt douloureuses et je me suis tu. Ouais, je suis de cette génération! Ce qui ne m’a pas aidé, c’est que j’ai tu d’autres abus à mon égard.
La lecture du livre de Soeur Marie-Paul m’a beaucoup aidé non seulement à présenter cette église/ce clergé que j’aime encore beaucoup, mais aussi à m’aider et à aider d’autres à se réconcilier avec elle/eux malgré les silences mensongers qui persistent encore
Ne soyez pas à la défensive! Oui, beaucoup de changements ont été apportés, oui, le mal dénoncé dans l’église n’est que le bout de l’icerberg si on regarde ce qui se passe dans la société: le livre le dit bien! Mais qui va faire le premier pas? ou, devrons-nous encore «sauver la face»? Il n’y a q’une face, celle du Christ. Ce n’est pas la nôtre qui est à sauver, mais il y a à nettoyer la face qu’on a salie, celle du Christ: en nettoyant/ajustant nos comportements que les gens voient, que les gens peuvent lire à travers nos hypocrisies.
Oh oui, je l’aime mon Église, mais ce ne sera pas des formules de marketing qui la sauvera, ce sera un vrai examen de conscience.