Un adieu plein d’espérance pour les Soeurs de la Charité

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chapelle des S.S. de la Charité de Montréal

Le mois de septembre a été riche en émotions. Le 2 septembre, j’assiste à la fermeture de la très belle église St-Charles de Limoilou ; le 20, je participe à une autre cérémonie quasi similaire.

Tôt le matin, le 20, sous un soleil radieux, un ciel sans nuage, avec une cinquantaine de compagnes, je me mets en route pour Montréal. Nous avions été invitées par les S.S. de la Charité de Montréal à participer à une eucharistie solennelle présidée par Monsieur le Cardinal Jean-Claude Turcotte. Cette célébration eucharistique voulait rendre hommage à la très belle chapelle que les Sœurs devront bientôt quitter. En effet, la Maison Mère et la chapelle de l’Invention-de-la-Sainte-Croix, propriétés des S.S. de la Charité de Montréal (Sœurs Grises) ont été vendues en 2007 au campus de l’Université Concordia.  Comme cette chapelle est classée monument historique depuis 1974, elle sera sans doute conservée, mais son utilisation future demeure inconnue.

C’est bien impressionnant de voir la délégation de toutes les congrégations issues de sainte Marguerite d’Youville présentes à cette cérémonie : Sœurs de la Charité de Montréal dont la fondation remonte à 1737, Sœurs de la Charité de St-Hyacinthe (1840), Sœurs de la Charité d’Ottawa (1845), Sœurs de la Charité de Québec (1849), Grey Nuns of the Sacred Heart (1921), Grey Sisters of the Immaculate Conception (Pembroke, Canada) (1926).

Le thème de la célébration de ce jour historique : un passé à célébrer, un futur à façonner. Le but : d’abord, rendre grâce puis, dire adieu à cette chapelle et à cette maison que la Congrégation habite depuis plus de 140 ans, rappelle la supérieure générale, Sr Jacqueline St-Yves, dans son mot de bienvenue au Cardinal et à l’assemblée qui remplit la chapelle.

C’est au chant de Que tes œuvres sont belles de Jacques Berthier que s’ouvre la célébration. Les lectures choisies pour cette messe s’harmonisent très bien avec le thème : Philippiens 1, 3-6, 8-11 Jean 17, 20-23, 25-26.

Dans son homélie, le cardinal Turcotte souligne la tristesse qu’il a ressentie en apprenant le départ des Sœurs. Les restes mortels de la sainte fondatrice n’y ont-ils pas résidé jusqu’à leur transfert à la basilique Ste-Anne de Varennes le 8 décembre 2010 ? Mais c’est plutôt l’action de grâce qui domine, nous dit-il. Autrement comment aurions-nous pu choisir ce passage de saint Paul ? « Oui, je rends grâce, en communion avec tous les évêques de Montréal qui m’ont précédé. Ensemble, nous devons vivre dans la prière, l’action de grâce à cause de tout ce qu’Il nous a donné.» Succinctement, il rappelle l’œuvre de sainte Marguerite d’Youville. Puis toujours en rappelant saint Paul, il ajoute entre autres : marchez ensemble en gardant vos cœurs unis, en continuant de vous aimer en vous donnant la main. C’est important que vous demeuriez unies dans la prière, le travail afin de continuer votre mission, celle de l’Évangile : elle vous appelle à aimer comme Jésus l’a fait. Annoncez la Bonne Nouvelle aux pauvres. Le Christ sera toujours avec vous jusqu’à la fin des temps.»

L’homélie, les lectures et les prières de louange et d’intercession  sont tantôt en français, tantôt en anglais.

Comme il n’y a pas de chorale, M. René Bernard, l’animateur de la célébration, nous invite à chanter les chants qu’il dirigeait, d’où une excellente participation de l’assemblée constituée majoritairement de Sœurs. Le violoniste M. François Boucher ajoute une note harmonieuse aux sons de l’orgue que touche M. Maurice Lauzon.

Quelle émotion m’envahit au chant final du Salve Regina ! À la fin de la célébration, ce sont les mercis au Cardinal qui a répondu à l’invitation de venir une dernière fois dans cette magnifique chapelle. Ensuite après un excellent repas, leStudio de musique ancienne de Montréal nous présente, dans la chapelle, un merveilleux concert sous la direction de M. Christopher Jackson  qui a aussi touché l’orgue.

Dans l’autobus nous ramenant à Québec, à la suite de cette belle journée  au berceau de la Congrégation, de multiples sentiments s’agitent en moi. Reconnaissance à la divine Providence pour tout le bien accompli par les congrégations religieuses, joie de revoir des amies, mais aussi la constatation que les religieuses prennent de l’âge. Dans l’avenir, qui entendra le cri des démunis, des orphelins, des sans-abri, des femmes violentées, etc. ? Je pense alors à la réponse que fit Abraham à son fils Isaac : « Dieu y pourvoira, mon fils.»

 

 

Une réponse à Un adieu plein d’espérance pour les Soeurs de la Charité

  1. Marc Tremblay dit :

    Merci pour ce beau reportage sur unévénement sans doute marquant pour votre communauté. Vous me rappelez que Ste Marguerite d’Youville est votre fondatice. L’esprit de la fondatrice est là pour toujours, sinon les bâtiments.

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